Guérison et pronostic du cancer du poumon
Pour le patient comme pour sa famille, le cancer du poumon est un diagnostic bouleversant. Outre l’impact physique, il suscite également de nombreuses questions sur l’avenir : Quelles sont les chances de guérison ? Combien de temps peut-on vivre avec un cancer du poumon ? Et à quoi ressemble précisément le traitement ? Dans ce blog, le Prof. Dr Ingel Demedts, pneumologue à l’AZ Delta, répond à toutes ces questions.
Que signifie la guérison ?
La guérison du cancer du poumon signifie qu’il n’y a plus de cellules cancéreuses présentes dans l’organisme. Cela peut aller d’une absence complète de cellules cancéreuses après le traitement à une période prolongée durant laquelle la maladie ne réapparaît pas. Les médecins parlent souvent de « rémission » – un état dans lequel le cancer ne progresse plus, mais où le risque de récidive subsiste. « Pourtant, pour la plupart des patients atteints d’un cancer du poumon, un suivi régulier reste nécessaire », souligne le Dr Demedts. Il poursuit : « En réalité, ce n’est que s’il n’y a pas de rechute dans les 5 ans suivant le traitement que l’on déclare une personne guérie, et même dans ce cas, nous restons extrêmement prudents. »
Quelles sont les chances de survie en cas de cancer du poumon ?
« Le pronostic des patients atteints d’un cancer du poumon est très difficile à estimer et dépend fortement du stade auquel la maladie est découverte », explique le Dr Demedts. En général :
- Stades 1 et 2 : À ces stades, le cancer est souvent encore limité aux poumons. Une intervention chirurgicale peut, dans de nombreux cas, retirer complètement la tumeur, ce qui offre de grandes chances de guérison. Un suivi reste toutefois très important pour vérifier que le cancer ne réapparaît pas.
- Stade 3 : Lorsque le cancer s’est déjà davantage propagé, la guérison devient plus difficile. Des traitements tels que la chimiothérapie et la radiothérapie peuvent ralentir la croissance de la tumeur, mais une guérison complète est alors souvent moins probable qu’aux stades 1 et 2, sans pour autant être impossible.
- Stade 4 : À ce stade, le cancer s’est généralement propagé à d’autres parties du corps, ce qui rend la maladie difficile à guérir. Toutefois, l’émergence de nouveaux traitements tels que l’immunothérapie et les thérapies ciblées donne de l’espoir au monde médical. Ces thérapies permettent à certains patients de vivre plus longtemps qu’on ne le pensait possible auparavant.
Le rôle des nouveaux traitements : immunothérapie et thérapies ciblées
« Par le passé, un diagnostic de cancer du poumon métastatique signifiait souvent une espérance de vie moyenne d’un an. Cela a fortement changé grâce aux nouveaux traitements. » Le Dr Demedts poursuit : « Chez certains patients qui réagissent bien à l’immunothérapie, les chances de survie après cinq ans peuvent même atteindre une personne sur trois. Il est toutefois difficile pour les médecins de prédire à l’avance si un patient fera partie de ce groupe. Ces traitements, bien que prometteurs, ne fonctionnent malheureusement pas chez tout le monde. L’immunothérapie et les thérapies ciblées ont néanmoins considérablement prolongé l’espérance de vie moyenne au stade 4, ce qui redonne espoir à de nombreux patients et à leurs familles. »
Quel est le risque de retour de la maladie après un traitement ?
Pour les patients à un stade avancé 4, le risque de récidive de la maladie reste malheureusement bien réel. Surtout chez les patients présentant des métastases, ce n’est souvent qu’une question de temps. Le Dr Demedts nous explique : « Grâce à l’immunothérapie, il existe toutefois des exceptions où les tumeurs restent absentes pendant longtemps. Cela reste cependant rare, et chez la plupart des patients, la maladie réapparaît dans les quelques années suivant le traitement. »
Quel est l’impact psychosocial du cancer du poumon ?
Un diagnostic de cancer du poumon a un impact énorme sur la vie des patients, tant sur le plan physique que mental et social. Outre les traitements lourds qui provoquent de nombreux effets secondaires, beaucoup souffrent de sentiments d’angoisse et d’isolement, surtout lorsqu’ils reçoivent peu de soutien de leurs proches. « À l’AZ Delta, une équipe multidisciplinaire, composée de médecins, d’un infirmier en oncologie, de diététiciens, de psychologues, d’infirmiers en chef, d’un infirmier en soins palliatifs et du service social, accompagne intensivement les patients. Il existe également un parcours de soins numérique permettant aux patients de signaler chaque semaine leurs symptômes », souligne le Dr Demedts. Grâce à ce suivi numérique, il est possible de réagir plus rapidement aux problèmes, ce qui réduit les effets secondaires, diminue le nombre d’admissions en urgence et facilite les discussions sur les soins palliatifs. Les patients reçoivent ainsi les soins et le soutien dont ils ont besoin pendant cette période difficile.
Recherche scientifique et avenir des traitements du cancer du poumon
« La recherche scientifique sur de nouvelles thérapies reste essentielle. La recherche de meilleures méthodes de traitement est une priorité à l’AZ Delta, où les études cliniques sont activement encouragées », déclare le Dr Demedts. « La participation à ces études offre l’espoir de percées, non seulement pour les patients actuels, mais aussi pour les générations futures. » Grâce aux nouvelles avancées, les médecins espèrent pouvoir offrir à un nombre croissant de patients un meilleur pronostic.
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